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Rapport d’inspection
L’inspecteur me demande ce que les élèves ont appris je lui donne l’exemple de la reconnaissance d’un rectangle, il me dit commençons par les
maths alors…
Il me dit qu’ils ne savent pas se servir d’une équerre alors qu’ils ont déjà eu une séance dessus.
pas avec moi la seance, et une ne suffit pas pour savoir se servir d'une equerre
Il me demande c’est quoi un angle droit, je lui réponds que c’est défini par des droites perpendiculaires, il me dit que la notion
perpendiculaire ce n’est pas au programme mais bon, et que j’utilise mal mon équerre, Il m’explique comment se servir d’une équerre, comment on dessine avec.
je suis petrifiée a ce moment là à l'idée qu'il pourrait apprendre ensuite que j'ai été prof de maths pendant des années, mais il ne s'interessera à moi à mon passé à ce que j'ai vecu à aucun moment.
Il me dit que ce ne sont pas des activités d’apprentissages je lui dis oui que c’était plutôt des activités de réinvestissements. Il me redit
qu’ils vont sortir en n’ayant pas appris quelque chose de nouveau. Il me demande pour les maths qu’est ce que je voulais leur faire apprendre, je redis de connaitre les figures de géométrie et de
savoir identifier un rectangle
Il me dit que la géométrie c’est un point minime du programme (il lit le BO) il me dit que les élèves savent déjà ce qu’est un rectangle et
que mon objectif devrait être plus clair, à la fin de la séance ils doivent pouvoir faire un rectangle sur papier blanc, qu’il a regardé mes préparations en maths et français et que mes
préparations ne sont pas bien qu’elles ne font pas apparaitre les objectifs
Il me dit que mes activités avec les géoplans ne servent à rien, et que j’ai dit aux élèves de ne pas jouer avec les élastiques et que
certains ont commencé à les toucher et que il faut tout de suite les reprendre dans ces cas là, si j’ai dit, je dois faire, et que le géoplan dans la mesure où l’angle droit est fait tout seul
n’est pas utile, ils n’apprennent pas quelque chose.
Ensuite on passe au français
Il me dit que l’activité verbe doit avoir comme support un affichage sur le tableau (il me l’a dit pendant le cours)
Il me dit que la méthode pour reconnaitre les verbes n’est pas bonne, le « il s’agit de quoi faire » ne marche que pour les verbes
d’action pas d’état, qu’il faut travailler sur la place du verbe dans la phrase plutôt, là je lui pose la question si moi en tant que stagiaire je dois détruire des acquis précédents pour en
reconstruire d’autres et là il me dit non non et change de sujet, il me dit qu’il faut des affichages de verbes en classe, il me dit que travailler sur le radical /terminaison ce n’est pas
tres efficace et ca ne marche pas pour tout, et que mon exercice en différenciation fait avec un groupe n’est pas utile, il me dit que mon cahier de français ce n’est pas un cahier de
français il est moche les fiches sont faites au crayon ils ne doivent pas avoir envie de revoir leur leçon, je réponds que en effet ce n’est pas un cahier de français c’est juste l’endroit ou il
mettent leur fiches, ils ont un cahier de leçons en maths et français qu’ils peuvent consulter, il me demande si j’ai collé des verbes dedans, je dis oui et il me dit que de toute façon il ne le
consultent pas et que il faut un affichage de classe.
Il me dit que ma posture n’est pas naturelle, il se pose la question à lui-même de savoir si j’ai peur des élèves, que je ne joue pas assez
avec mon registre de voix.
il ne me pose pas la question à moi
Suite à un élève qui a demandé à sortir pendant l’heure, il me donne le conseil de leur faire faire pipi avant de rentrer, et comme je lui
précise que je l’ai fait et que mathéo fait cela pour se rendre intéressant comme il l’a déjà fait à la visite précédente, il me dit qu’il fait ca pour attirer mon attention, je lui dit que je
suis d’accord que il demande beaucoup d’attention mais il me dit que ce petit n’a pas de problème et comprend très bien, qu’il lui a expliqué le fonctionnement des conjugaisons et qu’il a
parfaitement compris, je réponds qu’il est quand même en attente de diagnostique neurologique et qu’il a un profil ASH, il me dit qu’il connait bien les clis upi je lui dit que j’envisage
d’aller dans cette direction, il me fait un speech sur les upi qu’il connait très bien, que ce sont les meilleurs prof qui deviennent enseignants UPI, que le concours est dur, tres théorique,
qu’il faut faire deux trois ans en classe avant, et que les gens envisagent d’aller en upi parce qu’ils pensent que ce n’est pas
compliqué et que c’est vrai que les parents sont bien contents qu’on s’occupe de leurs enfants, qu’ils sont déjà bien content s qu’ils restent à l’école et qu’ils ont des attentes très simples,
je tique un peu en lui disant que les parents en upi sont très attentifs quand aux contenus des apprentissages des enfants, il me dit que bah apprendre à lire à écrire compter c’est ca qu’ils
attendent et ca leur va, et comme je lui avoue que j’ai fait deux ans d’upi et que les parents étaient très présents d’autant plus qu’il y a un projet professionnel à la sortie,
et comme je lui avoue que j’ai fait deux ans d’upi il s’exclame « c’est ca le problème, hein, c’est qui on met à ces
postes ! » et puis il me dit que les enseignants spé deviennent des tres mauvais prof qui sont incapables de faire classe à un groupe, a une classe normale, avec leur plan de travail et
tout ils font des cours individuels alors qu’ils devraient faire cours au groupe même en upi, parce que les upi et clis ont le même programme que les classes normales.
ce qui est institutionnellement faux, il n'y a aucun programme ni BO en UPI, et il est incorrect de parler de classes normales, ce qui fait reference aux classes anormales, il est conseillé de parler de classes ordinaires.
Suite à cela il m’explique que je fais trop souvent des remarques de discipline alors que ca devrait être des remarques didactiques, Je lui
explique que j’ai eu en visite une remarque sur la prise en main de la classe et j’ai essayé de m’améliorer dessus, il répond que si la classe est dispersée c’est parce qu’elle n’est pas
intéressée par ce que je fais, et que on ne met pas un élève au coin parce qu’il m’embête, il me le dit trois fois, à la troisième je lui demande si j’ai dit exactement à l’élève qu’il
« m’embêtait » parce que ca me ne ressemblait pas trop ; et il me dit que si je l’envoie au coin c’est qu’il m’embête et qu’un élève doit aller au coin pour y apprendre quelque
chose et en revenir en montrant ce qu’il a appris, je lui demande concrètement comment mettre en œuvre ses apprentissages, une table avec des fiches ? il me dit que c’est à moi de voir mais
que l’élève mis a part et exclus du groupe doit y apprendre quelque chose et revenir le montrer.
pendant la visite on m'a conseillé tout cela, de mettre au coin, de relever immediatement les debordements etc.
Il trouve que le règlement en trois points que j’ai mis en place est ridicule, ils savent cela depuis la maternelle qu’ils doivent lever la main avant de parler ou se déplacer et que mon graphique de comportement ne sert à rien non plus.
Il me dit que ma classe est mal fichue que ca manque de place qu’on ne circule pas entre les allées.
ce n'est pas ma classe, et elle est comme on conseille en formation que la classe soit, des rangs faces au tableau et des coins ateliers, et moi je passe entre les allées....
Il m’informe qu’il transmettra à son collègue d’Auray qu’il doit me revoir sur ces points, les préparations les apprentissages la posture
d’enseignante
Il ferme son ordi, pose un coude sur le bureau et me regarde en hochant la tête et en disant « ya du boulot, hein, y’ a du bououlot ».
D’apres ce que j’ai pu ressentir en faisant le bilan de mes deux inspections il ressort que j’ai reussi a communiquer tres bien sur mon stress, en donnant une image de maitresse mal à l’aise , voir meme qui a peur de ses eleves, et ce stress a été interpreté plus ou moins comme une defaillance professionnelle grave alors qu’il n’est pas present dans les conditions normales. Je pense que les personnes qui sont venues me voir seront sans doute surprises d’apprendre que je plaisante avec les élèves qu’on commence souvent la journée par un eclat de rire que je suis heureuse de venir en classe et de les voir et que aider ces jeunes a prendre leur envol me remplit de joie.
Mon souci est que je vis mal cette torture mentale de me retrouver sur la sellette, examinée comme une bete curieuse pendant deux heures avec peu d’interet sur le fond et un avis qui est donné à priori et des questions qui sont posées à posteriori, quand bien meme les reponses aux questions pourraient donner un autre eclairage voir changer de point de vue sur les capacités. Je subis un stress tres important du fait que ces deux heures decident de ma vie, je trouve le contraste demesuré entre les moyens de jugement et l’enjeu, ; car contrairement à beaucoup de jeunes filles de la formation pour moi il ne sagit pas de m’assurer un statut social prendre une place parmi la societé etre reconnue travailler son estime de soi etc, je suis moi dans le bas de la pyramide de Maslow, je suis a bouffer avoir un toit s’occuper de ses petits, je suis dans la survie, jai 41 ans et si je fais cette formation cest que j’en ai vraiment besoin, et je trouve insupportable que des gens viennent et prennent deux heures pour décider si je vais vivre ou non, si ma famille va crever de faim ou non, et que ces gens ne prennent pas un peu plus de temps pour creuser le sujet, pour voir mon travail, pour discuter avec moi de ce que je suis de ce en quoi je crois
accessoirement, le seul contexte qui me permettrait de vaincre ma peur serait d'etre en maitrise totale de mon exercice de cette profession, or avec un niveau que je n'ai jamais fait des élèves que je ne connais pas un environnement et un contexte inconnu ce nest pas en trois semaines que j'arriverai à me sentir sure de moi, tous les collegues m'ont parlé d'un temps d'un mois a trois mois pour avoir leur classe en main... je ne peux pas etre inspectée et etre relax sans maitriser. je suis dont forcement bouffée par le stress.
Oui j’ai un stress fou oui il est quasi insurmontable pour moi parce que je remets ma vie et celle de mes enfants dans les mains de personnes dont je ne suis pas persuadée qu’elles se rendent compte de ce qui est en jeu pour moi, et dont je ne suis pas persuadée qu’elles pourraient comprendre que tres momentanément ces enjeux me paralysent parce que j’ai désespérément besoin de ce boulot, mais que à coté si j’etais vraiment la prof lamentable qu’ils pensent que je suis est ce que j’aurais tenu tant d’années, est ce qu’un vrai professionnel de l’enseignement ne peut pas déceler dans l’attitude des elèves une habitude une affection une forme de respect meme le jour où l’on est stressé, est ce que les cahiers ne donnent aucunes indications, est ce que j’ai le temps en trois semaines de prendre de l’assurance et de repondre de mes élèves comme de moi-même, est ce que j’ai acquis assez d’expériences pour pouvoir savoir à l’avance le timing et le déroulement d’une seance, etc.
ils vont me tuer et ils ne s'en rendent meme pas compte.
Analyse pédagogique première semaine stage massé
Constatation :
En relisant mes fiches analyses de la semaine, il apparait très clairement que pour l’ensemble des types d’apprentissages, ce qui pose le plus de problème est le partage collectif oral, l’écoute des autres et le respect des consignes. Par ailleurs quelques élèves isolés ont des comportements perturbés et perturbateurs. La classe est bruyante et encore indisciplinée, trop d’élèves s’autorisent des déplacements ou des prises de paroles intempestives, ce qui crée un fond de bruit et de mouvement incessant qui m’est pénible et me perturbe.
Hypothèse :
C’est un groupe qui est déjà assez tonique naturellement, avec plusieurs garçons remuants, ils ont la manie de surveiller et de contrôler tout le temps ce que fait le voisin, tout en étant stressés et en accusant souvent les autres de tricher même dans les activités collectives, ce qui met parfois une mauvaise ambiance de classe. Ils sont habitués à être très indépendants et à se déplacer sans demander parce que la titulaire a le groupe très bien en main et a autorisé ces genres d’attitudes, afin de travailler leur autonomie. Mais si je comprends bien l’intérêt de cette façon de faire classe j’ai rapidement vu que par rapport à mon inexpérience je ne pouvais pas me permettre cela, j’ai besoin d’un groupe plus cadré dans un premier temps.
J’ai donc commencé à me recentrer sur trois axes :
ils demandent l’autorisation avant de se lever quelqu’en soit la raison.
ils lèvent la main pour prendre la parole et ils se taisent quand un autre parle, et particulièrement ils ne m’interrompent pas !
ils s’occupent de leur travail plutôt que commenter celui du voisin.
Remédiation commencée et à continuer :
Analyse cas par cas :
Romain a souvent tendance à intervenir de façon intempestive et grossière, on a dans un premier temps travaillé sur son vocabulaire afin qu’il arrive à s’exprimer correctement quand il s’adresse à un camarade, des progrès ont déjà été notés, en un deuxième temps il faudra travailler l’arrêt de ses remarques intempestives.
Mattéo est tres perturbé, et en attente de diagnostique pour d’éventuels problèmes médicaux, j’évite donc d’être trop exigeante en ne sachant pas exactement sur quel terrain de difficultés on est avec lui (sans doute un mélange de comportemental, médical, familial), on peut soupçonner aussi un terrain de maltraitance qui fait qu’on ne peut pas compter sur le soutien familial, j’ai donc commencé à mettre en place avec lui un contrat : par rapport à sa fatigabilité il fait moins de choses à l’écrit, j’autorise des réponses à l’oral, je réduis sa quantité de travail afin de lui permettre de se cibler sur l’amélioration de son attitude. Comme il est facilement provocateur par découragement, j’essaie d’avoir un regard positif et chaleureux quand il va dans la bonne attitude, de l’encourager, et de le raisonner sinon. Il se rend compte quand il a dépassé les bornes et émet des regrets souvent sincères, il répète qu’il est un idiot qui ne sera jamais sage.
Tristan est toujours sur la limite de la provocation et manipule la classe, il est intelligent mais se sent au dessus des règles, il faut être tres stricte avec lui et ne rien lui passer.
Steven doit arrêter de se dissiper et être aussi recadré sur le plan de l’attitude, il profite trop de son apparente douceur pour dériver dans son coin.
Mathéo se permet un peu trop de libertés dans les attitudes, il n’a toujours pas intégré les nouvelles règles, de façon générale il a beaucoup de mal à acquérir des nouveautés. Le passage à l’écrit devrait l’aider à mémoriser.
Clément Amaury Quentin et Kylian sont les des éléments bruyants qui s’exclament tout le temps et qui doivent arrêter de se préoccuper des autres. Pour eux le graphique par exemple pourrait être particulièrement intéressant parce qu’ils ne se rendent pas compte de la fréquence de leurs perturbations.